La pulvérisation par drone est-elle efficace en viticulture?

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La pulvérisation par drone est-elle efficace en viticulture?

Lancé en avril 2019, le projet PulvéDrone mené par l’UMT EcoTech (IFV-Inrae-CTIFL-Montpellier SupAgro) a pour objectif d’étudier les performances techniques des drones pour la pulvérisation sur vigne, banane et en arboriculture.

En vigne, l’heure est encore à l’expérimentation dans le domaine de la précision. Si les travaux sur la fertilisation suivent leur cours, c’est dans le secteur de l’application des phytos que les efforts sont les plus importants. Explications.

« S’il y a bien une culture dans laquelle on peut atteindre les objectifs du plan EcoPhyto, c’est la vigne », souligne Christophe Auvergne, en charge de l’agroéquipement à la chambre d’agriculture de l’Hérault. L’équipe de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) continue à développer des références à l’aide du banc EvaSpray Viti, pour tester la qualité de pulvérisation des appareils viticoles. Xavier Delpuech travaille à un autre projet1 destiné à évaluer la pulvérisation par drone.

Des expérimentations très encadrées, puisqu’elles font l’objet d’une dérogation qui prendra fin à l’automne 2021. Elles ne concernent que certains vignobles implantés sur de fortes pentes. Où seuls des opérateurs à pied, munis d’atomiseurs à dos, accédaient jusqu’à présent. Si les résultats sont au rendez-vous, cela permettra peut-être de leur épargner ces tâches difficiles.

« Pour le moment, nous évaluons encore la faisabilité et l’efficacité du traitement phytosanitaire par drone, indique Xavier Delpuech. Nous n’en sommes pas encore à évaluer le ratio coût/bénéfice », explique-t-il. Même si, pressent le chercheur, le poste « coûts » sera conséquent. Notamment eu égard à l’équipement, la licence, la logistique liée aux recharges et à l’autonomie, etc. La technologie devrait s’appliquer essentiellement aux vignobles à forte valeur ajoutée.

Pulvérisation par drone: des questions sur la dérive

Côté efficacité, des résultats commencent à émerger, et rejoignent ceux consignés par les équipes suisses, précurseurs en la matière. Se dessine une technologie fiable en termes de qualité de vol, particulièrement confortable pour l’opérateur qui subit un degré d’exposition aux phytos bien moindre que les ouvriers viticoles équipés d’atomiseurs à dos.

Les questions émergent plutôt du côté de la dérive et de l’efficacité de la pulvérisation. « Les drones se positionnent de 2,5 à 4 m au-dessus de la vigne et le jet reste sensible à la dérive », précise Xavier Delpuech. « Même si ce phénomène n’a aucune commune mesure avec la dérive constatée lors de l’épandage par hélicoptère. Nous travaillons à mesurer l’efficacité de buses anti-dérives« .

Ensuite, même si les drones se positionnent bien en hauteur et dans le polygone de la parcelle dessiné par l’opérateur, les aéronefs ne suivent pas encore précisément les rangs de vignes. La pulvérisation peut donc intervenir non pas exactement au-dessus du rang de vigne, mais en décalé.

Une répartition inégale avec la pulvérisation par drone

Enfin, les profils de mesures des quantités de bouillie reçues révèlent que c’est essentiellement la canopée et les feuilles de surfaces qui la reçoivent. Les feuilles du bas, les grappes et les compartiments intérieurs (précisément là où se développent les pathogènes fongiques) reçoivent des quantités assez faibles de bouillie. Même si, notent les chercheurs, le mode de conduite peut avoir un impact sur ce facteur. « On peut par exemple penser que l’efficacité de la pulvérisation sera meilleure dans les vignobles en gobelet« , analyse Xavier Delpuech.

L’équipe souhaite approfondir cet aspect et envisage aussi de faire passer les appareils testés à une vitesse plus lente. Le but: faire davantage pénétrer la bouillie dans le feuillage de la vigne grâce au souffle de l’appareil. Cela demandera de trouver l’optimum entre soutien de la projection et risque de dérive.

Le banc de pulvérisation EvaSpray Viti de l’IFV.

Peu de transpositions directes à la vigne

Pour Christophe Auvergne, il sera difficile de transposer directement les technologies de précision des grandes cultures à la vigne. À l’exception des robots de désherbage mécanique, qui, globalement, tracent leur sillon, pour le moment principalement dans de grands domaines aux parcelles bien conformées, où l’accès aux réseaux (internet, téléphonie mobile) est fiable.

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