Quels risques la création de ce séchoir a-t-elle représentés?
Premièrement, un risque financier! En investissant plus d’un million d’euros, nous savions qu’il faudrait maintenir de bons niveaux de production sur nos élevages. Ce séchoir en grange représente aussi du temps de travail supplémentaire pour la surveillance, les manipulations de foin, la gestion des problèmes techniques. Je n’ai pas calculé mais je dirais que mon temps de travail a augmenté d’un tiers pour cette première année. La phase de lancement est aussi risquée, surtout pour respecter les délais: la conception s’est très bien passée, par contre le raccordement à l’électricité par Enedis a été long, le maire a dû intervenir. Le fournisseur du dessiccateur(1) a aussi fait des erreurs dans le montage des pièces. Il n’a pas su lancer la machine à temps. Nous avons perdu 120 tonnes de foin, soit 20.000€. Il faut bien faire attention à la fiabilité des fournisseurs en amont!
Comment avez-vous géré ces difficultés?
Au niveau financier, la banque nous a bien suivis. Elle nous a accordé des rallonges, ce qui est rassurant. Nous réfléchissons aussi à avoir des sources de revenus supplémentaires en proposant un service de séchage d’autres produits ou en changeant carrément l’utilisation du bâtiment en période creuse et en s’en servant de box. Pour la gestion du temps, un salarié de la cuma nous permet d’avoir plus de souplesse, il a aidé pour environ 40 heures. Nous optimisons aussi les étapes du chantier (fauche, fanage…) en travaillant tous ensemble, avec un responsable pour chaque étape. Pour la gestion des problèmes techniques, nous n’hésitons pas à échanger entre nous et aussi à chercher des solutions en dehors de notre groupe.
